Instabilité 4.0 : quels seront les grand risques globaux discutés à Davos ? – Umanz

Instabilité 4.0 : quels seront les grand risques globaux discutés à Davos ?

Événements météos extrêmes, échec de l’action climatique, désastres naturels, pertes irréversibles de la biodiversité, armes de destruction massives et stress hydriques (Crise de l’eau), l’agenda des CEO et des chefs de gouvernements à Davos change de sens et prend cette année un air alarmiste.

Une illustration de la vague de “hardcore pragmatism” qui domine l’agenda des dirigeants en 2020. 

Par la voix de Børge Brende Président  du World Economic Forum, le rapport compilé par Marsh & McLennan et  Zurich Insurance Group expose ces risques systémiques car interconnectés et dresse un constat sans appel :

La palpabilité croissante des risques économiques, environnementaux et sociétaux partagés indique que l’horizon s’est raccourci pour prévenir – voire atténuer – certaines des conséquences les plus graves des risques mondiaux. Il est inquiétant de constater que face à cette évolution, lorsque les défis qui nous attendent exigent une action collective immédiate, les fractures au sein de la communauté mondiale ne semblent que s’aggraver.”

 

La Turbulence est la nouvelle donne

Le ton du rapport est sobre, direct et alarmiste :

“Le Climat et ses risques économiques correspondants nous menacent d’un effondrement systémique à 2008 à moins que les émissions de CO2 d’origine humaine baissent de 50% d’ici 2030 par rapport à 2010 et passent au zéro net d’ici 2050.”

Cette année les risques environnementaux (au rythme d’un désastre écologique par semaine) dominent les risques perçus à court ou à long terme identifiés par le World Economic Forum, la vulnérabilité des sociétés augmente et la résilience s’éloigne. Le rapport explique que 80 millions d’emplois à plein temps sont à risque en raison des sécheresses et rappelle que les femmes et les enfants ont un risque 14 fois plus élevé de mourir dans les désastres environnementaux.

A ce stade, le coût global des risques environnementaux est de 165 milliards de dollars et 50% sont non-assurés. Et l’inaction -seuls 49 pays ont des objectifs financiers quantifiables d’action climatique- n’est pas une option insiste le World Economic Forum qui chiffre à 1000 milliards de dollars le risque d’inaction climatique…

Les risques financiers inédits

Le rapport évoque aussi des risques inédits de plus en plus probables “les mesures de réduction des émissions pourraient transformer environ 30% des réserves actuelles de pétrole, 50% des réserves de gaz et 80% des réserves de charbon en actifs à risques pour les entreprises extractives et leurs investisseurs.  Les fonds de pension pourraient faire

face à des déficits catastrophiques tandis que des industries entières se consolident et transitionnent”. ( sur le même sujet lire également : Dérèglement Climatique, dérèglement financier)

Ceci bien sur, sans compter les risques massifs de défaut des dettes de régions entières soumises à des risques de submersion aquatique…

La Géopolitique du pire

D’un point de vue géopolitique l’absence de coopération et de  gouvernance mondiale saine – (Voir les stratégies arctiques des 8 pays concernés par l’accélération de la fonte des glaces ou les guerres économiques sino-américaines qui représentent 40% du PNB mondial à eux deux) empêchent les sociétés d’organiser une transition rapide.

“Recession de confiance”

Cette absence d’agenda commun est la conséquence de la “Récession de Confiance” déjà diagnostiquée par le FMI, le tout, dans un contexte où les pays émergents constitueront 6 des 7 économies les plus puissantes en 2050. 

L’AI autre enjeu massif entre la Chine et les US tout comme les guerres cybernétiques et la captation des datas ne font que renforcer les tensions politiques.

D’un point de vue sociétal, la marge manoeuvre des pays émergents et occidentaux déjà minés par la dette peine à résoudre l’inégalité économique” et son corollaire, la montée des tensions  sociales et les nouvelles formes de révoltes “décentralisées et spontanées”. La “polarisation politique domestique” est le deuxième risque susceptible d’augmenter en 2020.

Le dernier volet des risques est constitué des crises alimentaires à venir. Le monde doit doubler ses capacités alimentaires d’ici à 2050 pour faire face à l’accroissement des populations tandis que les besoins énergétiques augmenteront de 25% d’ici 2040…

A ce stade 78% des répondants estiment que les confrontations économiques vont continuer en 2020.

Espoir encore, optimisme toujours

Les points positifs du rapport, une nouvelle génération de sociétés et de leaders prêts à se retrousser les manches pour agir rapidement. Un nombre croissant de pays s’engageant dans des objectifs ambitieux de Zéro émission. L’émergence de technologies prometteuses d’Hydrogène bas Carbone et de capture de CO2 mais aussi la constitution de nouvelles coopérations ouvertes et de nouvelles alliances comme l’alliance pour le multilatéralisme initiée par la France et l’Allemagne ou la Zone de libre-échange continentale africaine.

Le rapport relève également que les prix de l’énergie solaire ont chuté de 70%  et de 90% pour l’éolien en 10 ans et le succès croissant des substituts de viande (type Impossible Food et Beyond Meat).

Autre dynamisme observé : la montée en puissance du sujet du Green New Deal et le foisonnement d’initiatives d’acteurs hybrides économiques et politiques au niveau local

Nous sommes à la croisée des chemins entre la rivalité et la coopération. 

Il reste 10 ans nous enjoignent les experts environnementaux.

 

Accès au rapport complet du World Economic Forum : Global Risks 2020