Quoi de neuf ? La passion economy – Umanz

Quoi de neuf ? La passion economy

 

Après l’ère des plateforme impersonnelles comme Uber et Deliveroo transformant les travailleurs en cubes uniformes, une nouvelle génération de plateformes tech de type Substack, Podia, Teachable, Thinkific ou les fintech Patreon ou Tipee tentent de faire renaître et de mettre en valeur les talents et la créativité personnelle.

Le pitch : l’individu est une fonctionnalité pas un bug

Comme l’explique Li Jin dans un post récent écrit pour Andressen Horrowitz (A16Z), la mission de ces nouvelles technologies est de de réenchanter les individualités au lieu de les aplatir. Un état d’esprit : “Shopify versus Amazon” appliqué aux talents créatifs. 

De nouveaux outils de création à l’échelle existent désormais pour permettre aux talents de vivre de leur arts  dans la fabrique de produits physiques (comme Vybes, Hipdot, Genflow) ou dans la création digitale et vidéo (Cameo, VIPVR, Celeb VM, Kapwing).

Mirage ou révolution ?

A en croire leurs promoteurs, ces nouvelles plateformes de Passion Economy donneraient des chances égales aux créateurs. Sérieusement ?

Les exemples de réussite individuelles abondent : les revenus du  premier contributeur de Substack dépasseraient les 500.000 $ par an, celui de Podia : 100.000 $. Des chiffres qui font rêver mais n’expliquent pas comment ces nouvelles place de marché feront pour éviter l’aspect darwinien, hiérarchique et puissamment inégalitaire de tout distributeur. A cela, les whizz kids de la Silicon Valley n’apportent pas de réponses claires…

Du précariat au cognitariat

200 millions de dollars gagnés par 40.000 créateurs annonce fièrement une plateforme de cours en ligne Thinkific. Pas mal… Mais ramené aux créateurs, c’est 5000 $ par créateur et par an. Soit 416 $ par mois, pas de quoi donner sa démission…

Souhaitons donc que la “passion economy” ne soit pas la dernière poudre de fée de la Silicon Valley, un nouveau “Cognitariat de substitution au précariat de Uber” comme le nomme Anna Andjelic et ne se révèle pas in fine aussi décevante et fausse que la théorie de la Long Tail

Certaines des talents émergeront et une minorité gagnera un revenu décent. N’oublions pas cependant cette dure réalité des plateformes musicales : 1% seulement des artistes font 77% des revenus.

N’oublions pas enfin cette règle d’or digitale : mieux vaut être créateur de plateforme que créateur sur la plateforme…