Umanz Interview. Eva Sadoun (Lita.co) : “Financière for good” – Umanz

Umanz Interview. Eva Sadoun (Lita.co) : “Financière for good”

Après plusieurs expériences en Finance Solidaire, Eva Sadoun a fondé Lita.co en 2014 avec Julien Benayoun.

Lita.co, est une plateforme de financement solidaire et d’épargne durable qui  a collecté et dirigé plus de 22 millions d’euros vers des entreprises à fort impact social et environnemental positif.

Eva Sadoun est également très impliquée dans les sujets de Tech for Good en tant que Co-présidente de FEST aux côtés de Jean Moreau. 

Chez Lita.co elle prépare la sortie un “Yuka de la finance” capable de traquer l’éthique de nos investissements dans les lignes de portefeuilles.

Elle a accepté de répondre aux questions de la Umanz Interview.

Umanz- Présentez vous sans utiliser de titre ?

Eva Sadoun : Je suis Eva et j’ai à coeur des sujets de transparence dans le secteur financier et la société. J’ai choisi de faire de la politique par l’action depuis cinq ans pour reconnecter les citoyens, la finance, l’état et l’économie.

Umanz- Que vouliez vous faire quand vous étiez petite ?

Eva Sadoun : De la politique ! Je pensais que le changement passait justement par là. J’admirai Simone Veil, Victor Hugo, Gandhi et Nelson Mandela qui sont tous à un moment ou à un autre passé par l’action politique. C’était ça ou la musique car je faisais également du solfège à haut niveau.

Umanz- Qu’est-ce que vos parents vous ont appris ?

Eva Sadoun : Il m’ont appris des valeurs essentielles comme le respect des autres, des institutions, de toujours regarder autour de soi, l’authenticité puis les bienfaits de la culture et de l’intelligence.

Umanz- Quel est votre meilleur moment professionnel ?

Eva Sadoun : Quand on a obtenu notre agrément AMF. Pour nous, si on réussissait ça 23 ans, tout était possible.

Umanz- A quoi avez vous renoncé ?

Eva Sadoun : A beaucoup de choses. Certainement à ma vie perso pendant longtemps.

Umanz- Que feriez vous si vous deviez changer de métier ?

Eva Sadoun :  Essayiste #staytuned

Umanz- Quelle leçon de vie aimeriez vous transmettre ?

Eva Sadoun : Qu’il n’y a aucune justification à être apathique si ce n’est par choix personnel.

Umanz- Une lecture qui vous a bouleversé ?

Eva Sadoun : “Nous fils d’Eichmann” de Gunter Anders

Umanz- Qu’est ce que vous ne savez pas ?

Eva Sadoun : Je ne sais pas si l’idéologie qui met au cœur la coopération, l’équité et l’honnêteté intellectuelle peut marcher dans notre société mais je pense qu’il est temps qu’on essaye.

Umanz- Qu’avez vous appris cette année ?

Eva Sadoun : J’ai appris la culture de l’échec sur l’un de nos projets qui nous tenait très à cœur : une plateforme de financement en partenariat entre la Silicon Valley et le Vatican au bénéfice des réfugiés qui n’a pas porté ses fruits.

Umanz- Qu’est-ce qui vous inquiète ?

Eva Sadoun :  L’instrumentalisation des citoyens par les pouvoirs en place et le fait qu’on arrive pas à la dépasser. Les garde-fous des grandes entreprises, des GAFAS, des gouvernements et tous ceux qui ont le plus à perdre dans cette prise de conscience et compréhension des enjeux sociétaux.

Umanz- Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?

Eva Sadoun :  Qu’au final c’est n’est juste qu’un problème idéologique un peu enraciné mais que les gens sortent enfin de la caverne de Platon.

Je constate chaque jour, le début d’une prise de conscience générale qui était déjà palpable et en action lors des UEED 2019 (Universités de l’économie de demain).

Umanz- Quelle est votre phrase préférée ?

Eva Sadoun :  “Ce n’est pas le doute qui rend fou: c’est la certitude” de Nietzsche

Umanz- Comment voyez vous le futur de la finance for good ?

Eva Sadoun : Il y a deux scénarios : l’un où la finance d’impact reste dans son socle institutionnel et rigide entre critères objectifs et algorithmie et ne passe pas par une révolution citoyenne.

L’autre -mon préféré- celui d’une réappropriation de la finance par le citoyen, une finance honnête et engagée qui devra rendre des comptes.

Il y a 4000 Milliards d’Euros d’épargne citoyenne à réaffecter. C’est là que se situe l’impact.