Remote Worker Attractiveness : nouvelle guerre des talents à l'âge de la distance – Umanz

Remote Worker Attractiveness : nouvelle guerre des talents à l’âge de la distance

Le Covid bouleverse les aspirations. Aux US, il y aurait désormais 27% des travailleurs à souhaiter se réinstaller dans une Zone rurale contre 12% dans une grande ville.

La grande division ville/campagne se situerait entre deux phases de vies clés : Moins de 30 ans pour les urbains et 30-49 ans pour les aspirants ruraux.

Les raisons sont nombreuses, Il y a, bien sur, le coût démesuré de la vie dans les villes, ce que l’essayiste Richard Florida a appelé la “grande crise urbaine”. Il y a aussi le coût humain des déplacements : un télétravailleur à mi-temps économiserait ainsi en moyenne 11 jours de travail par an.

Le travail a distance a été rendu possible par le Covid 19 et une majorité de français pensent désormais qu’il restera la norme au moins 2 jours par semaine. La Remote Worker attractiveness ou l’attractivité pour les travailleurs à distance est désormais un enjeu clé pour les entreprises comme pour les régions.

Skill clusters : l’immobilier est clé

C’est là que l’immobilier prend toute sa signification car 84% des travailleurs à distance travaillent de leur domicile. Le nouveau graal  pour les acteurs immobiliers et les responsables de l’urbanisme régionaux est donc la construction dans ses nouveaux espaces agrégeant des cluster de talents. Les “Skill Clusters”.

Pré-Covid, ces dynamiques clusters provinciaux étaient réservés à la Tech et aux industries créatives. Depuis quelques années les analystes notent une forte poussée de la demande chez les professeurs, dans le secteur de l’assurance de même que chez les professionnels de santé.

Côté entreprise une nouvelle sphère de talent management

Dans le futur, la capacité à attirer les talents dépendra aussi d’une véritable offre de service en matière de “Remote Working Attractiveness” car actuellement côté société, seules 21% couvrent les frais de relocation de leurs cadres.

En France, les entreprises n’ont pas d’obligation légale de couvrir les frais de relocation. Il y a en revanche une indemnité d’occupation pour les salariés en télétravail ne disposant pas de bureaux en présentiel. L’indemnité est calculée au prorata de l’espace de bureau sur la surface privée…Il est rare que cela dépasse 50 euros par mois donc pas de quoi arbitrer de réelles préférences en termes de marque et d’expérience employeur.

Les “Perks” de la distance : la guerre des avantages

Conscientes que le travail distancié a fracassé les barrières de normes, les grandes marques employeurs ont déjà passé le cap de la Remote Worker attactiveness : massages, gardes d’enfants classiques, gardes d’enfants d’urgence, gardes d’enfants bilingue, cours en ligne, repas de chef à domicile, écrans géants, bureaux debout ou encore sièges ergonomiques de luxe  (de préférence l’aeron chair d’Herman Miller designée par Don Chadwick) sans oublier les prêts d’employés type Kashables pour les HiPos. 

Mais le must du must reste le “Flex everything” nous confie une RH d’une grande boîte du Cac40 soit l’hyperpersonnalisation des jours présentiels/distanciels, de la rémunération, des lieux de résidence, des congés parentaux. Un monde où le droit social Français n’autorise pas -pour l’instant- de grande créativité.

Après la résidence secondaire, le bureau secondaire

Pourtant, il y  aura un avant et un après confinement et de de nombreuses entreprises voient dans ce changement de perspective total l’occasion de puiser dans une réserve de talents plus importante, de réduire les frais généraux et d’offrir un avantage aux employés talentueux.

Dans les prochaines années des investissements incitatifs comme les aides à la relocalisation dépassant les 10.000 Euros, la qualité du haut débit et les offres culturelles locales seront des atouts déterminants pour attirer les télétravailleurs aisés.  De même que les lieux de travail secondaires. Aux US, une étude de Buffer a constaté que 37%  des travailleurs à distance choisissaient un café et 14% des espaces de co-working comme lieux secondaires de travail. 

Dernier élément à ne pas négliger : la proximité des transports et des aéroports, (les horaires de vols ne sont pas à négliger). Hormis les transports individuels, les possibilités de navettes matinales prendront dès lors un aspect déterminant. La vérité des travaiulleurs distanciés : peu de gens résistent plus d’un an au premier avion à 7h du matin.

Il y a donc un éventail et un passeport de services régionaux à mettre en place pour ces nouveaux aspirants à la vie hors des capitales. Dans cette nouvelle course à la praticité rurbaine les 15 Minutes cities pourraient de révéler un concept prometteur.

Offres culturelles et communautaires

Certaines régions travaillent déjà pro-activement le phénomène des “enfants boomerang”, en dorlotant -à distance- les communautés natives de la région. Une nouvelle génération qui tend à revenir vers les paysages, les vagues ou les montagnes de son enfance après avoir fondé une famille.

#remotelife

Mais la compétition n’est pas que régionale, elle est aussi devenue mondiale et des lieux inédits retrouvent la faveur des travailleurs à distance. Le Français Emmanuel Guisset, fondateur d’Outsite à San Francisco, un site qui cible en premier lieu les Millennials sans enfants nous confiait récemment

‘Le grand public a découvert le télétravail pendant les locksdown mais cette tendance était déjà très présente dans le secteur tech aux US et cela commençait  à arriver en Europe. Le Covid 19 a probablement accéléré cette tendance de 5 ans voire 10 ans et plein d’employés  se sont aperçus qu’on pouvait aussi (plus productif) dans plein de secteurs ( Ventes marketing, gestion, banques, enseignement).

Les gens se sont donc rendus compte qu’ils pouvaient avoir une meilleure qualité de vie avec un plus grand pouvoir d’achat en se relocalisant dans des plus petites villes ou/et des lieux entourés de nature plutôt que de payer des loyers exorbitant à Paris ou passer des heures dans les embouteillages/transports en commun pour aller au bureau.

Le site propose des locations de rêve aux Remote Workers dans le monde entier dont deux en France à Biarritz et Bidart.

Quelle est ta RWA ?

La compétition est lancée, selon une étude OWL Labs, 16% des sociétés n’embauchent que des télétravailleurs. Upwork estime de son côté qu’en 2028, 73% des départements de l’entreprise auront des salariés en télétravail, dans quelques années la Remote Worker Attactiveness deviendra une offre décisive dans la guerre des talents.

Lorsque l’on sait que les sociétés qui autorisent le télétravail affichent un turnover inférieur de 25%. On comprend que les nouveaux packages et les offres régionales sont à réinventer.