Umanz Interview : Idriss Aberkane – Umanz

Umanz Interview : Idriss Aberkane

Il est essayiste, conférencier, enseignant, entrepreneur, ardent promoteur de l’économie de la connaissance, des neurosciences et de la Blue Economy.

Idriss Aberkane, esprit libre, anticonformiste et curieux insatiable a bien voulu se prêter aux questions de la Umanz Interview.

Umanz- Présentez vous sans utiliser de titre ?

Idriss Aberkane : Idriss, polymathe.

Umanz- Que vouliez vous faire quand vous étiez petit ?

Idriss Aberkane : Paléontologue sur les dinosaures car les squelettes d’hominidés sont trop flippants quand t’es petit.

Umanz- Qu’est-ce que vos parents vous ont appris ?

Idriss Aberkane : L’interdisciplinarité.

Umanz- Quel a été votre meilleur moment professionnel ?

Idriss Aberkane : La sortie de mon livre de poésie : “I” (Poésies et Théories)

Umanz- A quoi avez vous renoncé ?

Idriss Aberkane : À beaucoup de choses. À ma dépendance au système. Notamment en renonçant à prendre au sérieux ce que d’autres personnes que vous mêmes pensent de vous. 

Ce qui revient in fine à renoncer à ce qu’on ne contrôle pas. Leçon éternelle d’Epictète.

Umanz- Que faites vous quand vous changez de métier ?

Idriss Aberkane : Je me lance actuellement dans la sculpture, la poésie et la musique. Quand je me lance dans une nouvelle activité j’essaye d’abord de m’y attacher émotionnellement. Après j’essaye de me procurer de beaux outils de qualité, des outils qui me donnent l’envie de revenir sur le métier. C’est la leçon de mon école maternelle de Chevilly-LaRue dont l’architecture était faite pour que les enfants choisissent d’aller à l’école plutôt que de rester chez eux. Pour la photographie par exemple j’ai acheté un Leica.

J’essaye ensuite  d’interroger le bullshit du métier ou de la corporation, de dégager les gestes essentiels et d’en inventer de nouveaux. C’est la leçon de grands innovateurs comme Mohamed Ali, le joaillier Wallace Chan, ou le cuisinier Alain Passard.

Umanz- Quelle leçon de vie aimeriez vous transmettre un jour à vos enfants ?

J’ailmerai en avoir bientôt mais je saurai être patient . J’essaierai avant tout de de ne pas trop les alourdir car ils naissent avec une curiosité naturelle. 

Donc c’est surtout ce que je ne veux pas leur transmettre que je privilégierais en tentant de leur éviter pas mal d’aberrations corporatistes. Par exemple je ne rappelle que d’un seul titre des mes bouquins du bac de Français… 

Umanz- Justement quelles lectures vous ont bouleversées ?

J’en citerai trois :

  • Le livre Tibétain de la vie de la mort,
  • “Kara Kush” d’Idries Shah
  • “La Kacida” de Richard Francis Burton

Umanz- Qu’est ce que vous ne savez pas ?

Plein de trucs…Je suis une brêle en bricolage, poser un domino me terrifie et je ne sais pas réparer un moteur c’est pour ça que je roule en Tesla.

Umanz- Qu’avez vous appris cette année ?

La résilience

Umanz- Qu’est-ce qui vous inquiète ?

La conjoncture mondiale économique et sociale économique. Particulièrement le vivre-ensemble qui est un peu malade.

Umanz- Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?

Le monde n’a jamais été autant connecté. Pour les Soufis le monde n’est un seul organisme, donc être 10 milliards de personnes ce n’est pas un problème mais une solution.

Notre cerveaux a 96 Milliards de neurones. Imaginons qu’un jour on arrive à échanger à hauteur de notre nombre et de nos neurones, on vivrait une période extraordinaire. 

Avec seulement 1/10ème du budget du Pentagone soit 10% de 700 milliards par an on pourrait créer un métro mondial avec Hyperloop à 1500 km/heure, mettre Londres à 30 min de Paris mais aussi se débarrasser de l’illétrisme et de la malaria.

Umanz- Quelle est votre phrase préférée ?

Ma devise c’est : “Mais pas leurs rêves !” je l’ai gravée sur ma bague, c’est une contraction de : “on peut tuer les rêveurs mais pas leur rêves.”

Umanz- Quels sont vos trois licornes préférées de la Blue Economy ?

Novamont qui développe des Bioplastiques à base de chardons à Porto Torres en Sardaigne

Sky Sail ,qui a développé des Kytes électriques faisant des huit dans le ciel pour réduire l’utilisation de carburants des porte conteneurs.

Coffee Pixel, qui a développé des plaquettes de café à base de café bio

Umanz- Quelle est votre vision du futur de la Blue Economy ?

Elle est inévitable. De la même façon que l’abolition de l’esclavage ou celle de l’apartheid ont été rentables, nous allons vers une croissance Paulienne qui sera consommatrice de déchets.

L’idée que les déchets sont plus valables que l’or a été considérée comme ridicule il y a encore quelques années mais elle devient une évidence.

Apple a déjà mis la main sur la plupart des décharges électroniques du globe. Et elles ont déjà une valeur au m2 supérieure aux mines d’or. 

Il y a énormément d’opportunités dans la gestion des déchets nucléaires initiée par l’université de Bristol ainsi que dans la filière Thorium.

Je crois qu’en matière de Blue Economy nous arrivons à un point de basculement que nous allons dépasser la fameux singe de la théorie du 100ème singe. 

L’économie circulaire et le recyclage intelligent des déchets inspirés par la nature seront aussi évidents que prendre l’autoroute. Je suis persuadé que nous arrivons à un changement de paradigme comme l’a théorisé Thomas Kuhn dans “La structure des révolutions scientifiques” et que les vagues d’innovations au sens Schumpeter vont se resserrer entre les générations dans des délais de plus en plus courts.

Les passages “de ridicule à évident” vont exploser.


Biographie d’Idriss Aberkane 

Idriss Aberkane est entrepreneur, écrivain et conférencier, il intervient entre autre sur les neurosciences, le biomimétisme et la géopolitique. Son premier livre « Libérez votre cerveau ! » (2016) est un best-seller vendu à plus de 250 000 exemplaires et traduit notamment en chinois, russe, coréen et grec. Il est également l’auteur de “L’Âge de la connaissance, traité d’écologie positive” paru en 2018. Les deux ouvrages sont parus aux Editions Robert Laffont.

https://www.lisez.com/livre-grand-format/liberez-votre-cerveau/9782221215548

Depuis 2009 il met en place un micro-crédit social au Sénégal, qui permet aux femmes peules d’être alphabétisées à travers la culture du Moringa. La création de sa fondation Bioniria en 2018, permet d’élargir son cercle d’action jusqu’en Amérique Latine — où la fondation mène des campagnes de recensement et de protection de la biodiversité.